Le cauchemar ubuesque du colonialisme economique – Une vie de combat

J’ai toujours été ennemi de toute forme de colonisation et avant tout de la coloni­sation religieuse, cette dernière apportant une déculturation inévitablement porteuse de tous les déséquilibres économiques et démographiques.

Mais si on accepte le principe que de deux maux il faut choisir le moindre, alors force est de reconnaître que le colonialisme économique, derrière le masque de l’indé­pendance, est bien la pire forme du colonialisme.

La colonisation administrative et militaire, en mettant fin aux guerres tribales, fut déjà un facteur dangereux de démographie galopante provisoirement compensée par une montée de la productivité des sols. Mais en poussant à l’abandon des cultures vivrières remplacées par des cultures destinées à l’industrie des pays développés ,le colonialisme économique a multiplié les foyers de famine, provoquant du même coup la ruée des ventre-­creux sur l’Europe.

Soyez sûrs, amis libertaires, que si les manipulateurs de l’opinion publique donnent furieusement dans l’anti‑racisme, ce n’est pas par humanité. Non ils savent mieux que personne de quelles famines eu de quelles guerres ils sont responsables en Afrique eu en, Amérique latine. L’une de leurs motivations est d’empêcher la remise en cause des économies désastreuses qu’ils ont implantées eu du juteux système de corruption qu’ils ont instauré.

Mobutu vient de mourir après avoir laissé sa place à d’autres qui ne valent pas mieux que lui. Valets de la France contre valets des Yankees, tel fut le véritable enjeu.0n, nous apprend que Mobutu laisse une fortune personnelle de 7 milliards de dollars. Cela rapporte gros d’être le maître d’un empire de crève‑faim. Sept milliards de dollars! L’imagination se met à planer … Cela fait 40 milliards de nos francs. Et dire que nous appelons milliardaire quelqu’un, qui ne l’est qu’en centimes ! Pourtant ces milliardaires ne courent pas les rues. Un tel milliardaire est quatre mille fois moins riche que Mobutu. Et d’où vient tout ce fric ? En, très grande partie de nos poches de cocus de contribua­bles. Voir le “Carrefour du développement”. Les “aides” que nous payons, et dont les peu­ples ne voient pas la couleur. reviennent en, partie sous forme de commandes à l’industrie du pays donateur, commandes sur lesquelles les politiciens décideurs bouchent de juteuses ristournes.

Il s’agit bien de l’intérêt général, car la notion d’intérêt général a complètement changé. Autrefois il s’agissait d’un intérêt partagé au moins modestement par l’ensemble du peuple. Ventres-creux dans les colonies « libérées », cochons de payants dans les pays développés, nul peuple n’y trouve aujourd’hui son compte.

Les seuls bénéficiaires sont les membres d’une crapulocratie mondiale qui s’est empa­rée de tous les rouages économiques, financiers, politiques et médiatiques dans le monde entier. Et du fait que ces dominateurs sont répartis dans tous les Etats du monde capita­liste, il s’agit bien de l’intérêt général.

Comprends‑le bien camarade cocu, c’est ce que veut dire cet équivoque langage.

Devant tant de duplicité, de gaspillage, de monstruosité on se sent devenir tout doucement fou : fou de désarroi, fou de dégoût, fou d’impuissance et même fou‑furieux.

L’HOMME LIBRE fils de la terre – Mars 1998 – Robert DUN

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