Mes Duretes – Une vie de combat

Ô mes frères, serais‑je donc cruel ? Pourtant je vous le dis : ce qui veut tomber, il ne faut pas le retenir, il faut au contraire le pousser”. “Quoi donc au monde a causé plus de souffrances que la folie des miséri­cordieux ?” F. Nietzsche “Ainsi parlait Zarathoustra”.

Agé de 8 ans, je vis sur la route une oie écrasée par une automobile, les tripes pendantes, mais non morte. Mon réflexe fut, malgré mon envie de vomir, de prendre un bâton et de lui briser la nuque. J’appris plus tard qu’un tel geste pour délivrer un humain m’aurait valu la taule. 70 ans plus tard je n’ai toujours pas compris. De quel droit les Chrétiens pré­tendent‑ils interdire à un humain de préférer la mort à une situation douloureuse et sans espoir ? D’interdire à chacun d’en finir avec la vie quand cela lui plaît ? D’interdire à une famille ou à un, docteur, de décider l’euthanasie dans des cas sans espoir. Elle est belle votre soi‑disante humanité, souvent sadisme à peine camouflé, héritage des tor­tionnaires de l’Inquisition, qui brûlaient les corps pour sauver les âmes !

Mais j’ai des duretés pires, de celles qui ont fait dire au Zarathoustra de Nietzsche: “Ils me prennent pour un bouffon en train de se livrer à des plaisanteries sinistres”. Non Messieurs, nous ne plaisantons pas. Quand un peuple tolère la corruption affichée dans le corps politique, mé­diatique, policier et juridique au point où les peuples européens la tolèrent, il mérite la mort et n’a plus que la mort à avaler.

Quand les parents se débarrassent de leurs enfants en leur donnant de l’argent et en les confiant à des écoles où depuis trente ans les responsables ferment les yeux sur la drogue et le racket, quand les passants détournent la tête lorsqu’une femme est agressée ou même violée en public, on est devant un peuple qui mérite la mort et n’a plus que la mort à avaler.

Quand un, peuple laisse écorner sans réagir sa liberté de pensée et d’expression, il mérite l’esclavage qui est l’antichambre de la mort.

Quand la police accepte de se laisser insulter et agresser sans répondre elle se révèle comme l’instrument de gouvernants asservis. vautrés dans la corruption et la haute trahison. envers des peuples qui n’en méritent pas plus. La lâcheté des enseignants fait écho à celle de Jospin dans l’affaire des tchadors. Nul besoin de circulaires pour obtenir l’inertie des directeurs de boites : entre caleçons merdeux, on se comprend sans parler. A tout instant on entend mettre en accusation les politiciens, les flics, les tribunaux. Or les premiers coupables ce sont les citoyens dont les autorités en, place ne sont que le reflet.

Après quatorze ans ininterrompus à la présidence de la République et huit ans de pouvoir sans partage, les socialos reviennent à l’attaque de l’assiette au beurre. Ils ont raison, car ils montrent qu’ils jugent la mémoire et la moralité du peuple à sa juste valeur.

Oubliés la compromission de Badinter avec le gangster Knobelspiess et son code remplaçant le code Napoléon, et permettant d’inculper n’importe quel auteur qui déplaît, oubliée la fuite de Charasse en hélicoptère devant des paysans en colère, oubliée la lâcheté de Jospin face à des gamines manipulées, oubliés les propos de va‑de‑la‑gueule de Pierre Joxe et d’Edith Cresson, oublié le “suicide” de Beregovoy, mort à 7 heures du soir et ressuscité à 8 heures 1/2, oublié le “suicide” du conseiller général survenu demi‑heure plus tard à La Charité, oubliés les deux mil­lions de chômeurs supplémentaires depuis 1981.

A droite oubliés les accords dus à de Gaulle et qui ont ouvert toutes grandes les portes de la France à l’invasion, oubliés les théories de Balladur et le rassemblement familial du à Giscard, oubliés Michel Noir, Jacques Médecin et tutti quanti…

Le jeu peut continuer. Les cocus incurables continueront à voter jusqu’à ce que le système en crève et c’est justement ce qu’il faut.

Après ? J’ignore s’il y aura un “après”. Si oui, ce sera après des décen­nies d’horreurs à peine imaginables qui peuvent fort bien aller jusqu’à l’anthropophagie, comme pendant la guerre de trente ans. Mais petit à petit montera “le chant des choses nécessaires, l’unique et irremplaçable mélodie”.

Dureté inhumaine ? Dîtes‑moi donc en quoi je suis responsable ! Est-­ce moi qui affame le tiers‑monde et le fais déferler sur notre sol ?

Des 300 millions de dollars d’intérêts que nous versent quotidiennement les gouvernants des pays du Sud, je n’ai jamais perçu un centime. Est-ce moi qui ai voulu l’avalanche d’érotisme maladif infligé par les médias et qui ne pouvait manquer d’aboutir aux plus criminelles pratiques de prostitution enfantine et de pédophilie ? Que celui qui se sent morveux se mouche 1

L’HOMME LIBRE   fils de la terre – Juin 1997 – Robert DUN

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