Reponse aux insulteurs et falsificateurs – Une vie de combat

Marcel Renoulet me communique une lettre furieuse contre mes écrits, mais qui ne contient pas le moindre argument, uniquement des remarques de ton insultant sur mon “goût du paradoxe… Mes conceptions anti‑scienti­fiques dignes de la scolastique moyenâgeuse… Mon concept de race ob­sessionnel et confondant de bêtise”.

L’HOMME LIBRE étant une tribune libre, pourquoi l’auteur de cette lettre n’a‑t‑il pas adressé ses réfutations? Parce que mes écrits sont trop stupides… Je connais depuis longtemps ce genre de réponse et j’ai consta­té régulièrement qu’il était le refuge de ceux qui ne savent pas quoi répondre à des vues qui les dérangent.

J’ai déjà entendu de pasteurs protestants et de catholiques fondamenta­listes des contradictions à grands coups de références dogmatiques, ces gens n’étant même pas capables de comprendre qu’un dogme n’est pas un argument. J’ai souvent subi le même type de réponse de la parti de militants et de soixante‑huitards, ce qui n’a rien, d’étonnant, vu que le marxisme n’est qu’un, avatar du judéo‑christianisme.

Que des “démocraties” se révèlent tout aussi bornés n’est pas davantage surprenant, leur horizon culturel restant emprisonné dans les limites des querelles internes de l’Europe judéo‑romaine, querelles assaisonnées ci et là d’une poussière de Bouddhisme, à bien des égards version, asiatique du Christianisme. L’irruption de l’Islam sur le sol européen, n’y changera rien, l’Islam étant lui aussi le fait des « hommes du livre », expression par laquelle au début du Coran Mohammed désigne les tenants de la Bible: juifs et Chrétiens. On, reste entre soi …

En fait, un brouillard malsain empoisonne l’Europe depuis 2600 ans. Le Shri Aurobindo Ghose a écrit un génial survol de l’histoire de l’Europe intitulé “D’Héraklite à Nietzsche” dans lequel il montre que la veine spirituelle européenne a subi une occultation après Héraklite, déjà avec ces pré‑chrétiens que furent Socrate, Platon, et Aristote, les seule penseurs antiques en grâce auprès des dominateurs chrétiens, alors que les Pythago­riciens étaient vilipendés et mis à mort. Il faudra attendre Nietzsche pour retrouver une résurgence puissante et cohérente de l’âme européenne, bien que de nombreuses éruptions aient ébranlé le colosse judéo‑romain avec Montaigne, La Fontaine Voltaire, La Rochefoucauld, Fontenelle, Hölderlin, Schiller, Goethe, Max Stirner, Bakounine et son ami le jeune Wagner.

Puisque, paraît‑il, j’ai le goût du paradoxe, qu’on veuille bien, m’en montrer quelques uns. Est‑il paradoxal de mettre le nez dans sa fiente à la bonne conscience bourgeoise qui s’indigne contre Carlos, mais feint d’ignorer que flics eh escadrons de la mort massacrent à la mitraillette et à la grenade jusque dans les égouts des capitales latino‑américaines des gamins acculés au vol eh à la mendicité? Est‑il paradoxal de mettre le nez dans leur aveuglement à ceux qui sont scandalisés par les Alsaciens eh les Tyroliens germanophiles, dont les terres ont fait partie de l’empire allemand pendant plus des 3/4 de l’histoire européenne et approuvent la guerre contre Saddam Hussein, alors que ce Koweït fabriqué par les pétroliers anglais était irakien depuis 3000 ans lors de sa création, après la première guerre mondiale? De leur demander si les 400 000 enfants irakiens morts de faim depuis l’écrasement de l’Irak ne sont pas plus importants que les princes serviles des émirats et les intérêts pétroliers de Wall Street ? Que boute cette crasse bourgeoise ait au moins le courage du cynisme, elle en, sera un peu moins dégueulasse !

Mes conceptions anti‑scientifiques dignes de la scolastique moyenâgeuses ? Qu’on, me précise lesquelles. Tout ce que j’ai écrit est objectivement, statistiquement et scientifiquement fondé, même si une certaine désinforma­tion scientifique s’est introduite jusque dans les dictionnaires eh des revues scientifiques. C’est là qu’il faut chercher le dogme eh l’esprit scolastique, non chez les penseurs libres de ma sortie qui résistent au matraquage médiatique eh politique mondialement orchestré.

Il paraît que mon concept de race est obsessionnel. Je reconnais qu’il peut y avoir dans mes écrits une apparence parfois trompeuse pour quicon­que ne lit pas avec une attention soutenue. Mais mon obsession est la défense de la diversité humaine eh de toutes les richesses que contient cette diversité. Je défends tout autant les Mongols, les Chinois, les Japo­nais, les Indonésiens, les Arabes, les Africains, les Amérindiens que les Européens méditerranéens, slaves, celtes ou germains. Mon, ennemi 0 f est le nivellateur, le destructeur, qu’il s’agisse du Christianisme, du Marxisme ou des hot dogs et Mac Donald, Criez à la folie si vous voulez, Messieurs. mais je soutiens que les hot dogs et Man Donald sont bel eh bien la fin de la chaîne d’une idéologie, même d’une idéologie qui ne reste pas toujours implicite.

Après “Enquêtes sur les droites extrêmes” et “Les nouvelles passerelles de l’extrême‑droite” vient de parait1re un troisième livre bidon: “Les profanateurs” d’un certain, Jean‑Paul Bourre. Il est rassurant de savoir que cet auteur a pas mal pondu dans le genre pseudo‑hermétique. Son, “Or des druides” est dans la meilleure tradition des Charroux, de Sède et tutti quanti … Il a découvert une “nébuleuse de tous les périls”. Effecti­vement, pour une nébuleuse, c’en est une, tellement nébuleuse qu’on n’y voir rien, hormis les fantasmes de l’imagination de beaucoup.

En tout cas soyez sur vos gardes: tout écologiste un peu païen, sur les bords, tout réfractaire à l’uniformisation, tout imprudent qui pointe son nez dans un groupe druidique se retrouve dans le même sac avec le Front National. Les Chrétiens fondamentalistes, dont certains réclament la remise en fonction de l’Inquisition, et les païens descendants spiri­tuels des millions de cramés par la même Inquisition sont à mettre dans le même sac. Les naïfs qui croient pouvoir dominer la décadence en retour­nant aux valeurs qui ont rendu cette décadence inévitable et les lucides qui ont le courage de regarder en face le fait que dans l’histoire connue de la planète jamais une décadence n’a remonté la pente, qui disent avec Nietzsche: “Ce qui veut tomber, il ne faut pas le retenir, il faut au contraire le pousser”, tous dans le même sac ! Ceux qui écrivent, comme votre serviteur, que seules une culture claire et une énergique vigilance populaire peuvent garantir la liberté et ceux qui justifient la raison d’Etat, dans le même sac ! Ceux qui ne croient ni en Dieu, ni en diable dans le même sac avec les Chrétiens fondamentalistes et … les sectes sataniques ! Tous des “profanateurs” (titre du livre).

Vous avez compris: il s’agit des profanateurs de tombes. Ce livre se vendra bien: il donne le frisson de la peur aux grenouilles de bénitier et bout autant le sentiment de rassurante supériorité des enfants du petit Jésus.

L’HOMME LIBRE       fils de la terre – Septembre 1997 – Robert DUN

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